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"Il est une bonne chose d'être passionné de documentaires, car ceux-ci lorsqu'ils sont gravés dans la mémoire nous sont utiles pour le reste de notre vie."
| Épisode 53 | L'Assassinat de Pierre Goldman (26 Mars 2006) |
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Pour beaucoup, Pierre Goldman incarnait un certain sens de l'idéal : le révolutionnaire romantique, un Che Guevara à la française ; l'image même de l'intellectuel engagé. Le rêve s'écroule le 20 septembre 1979. Le héros romantique est abattu comme une vulgaire crapule… 15 000 personnes assistent à ses funérailles ; l'enterrement des espoirs de toute une génération. Au-delà du mythe de Pierre Goldman, Faites entrer l’accusé se plonge, 30 ans après, au cœur d'un des dossiers judiciaires les plus polémiques du 20e siècle. A la fin des années 60, Goldman a été, tour à tour, révolutionnaire au Quartier Latin, guérillero à Cuba et au Venezuela, et aussi… gangster, ami des truands et figure des boîtes de nuit parisiennes. Mais qu'il ait pu tuer deux femmes pour de l'argent, ça ne colle pas pour ses amis. Et d'ailleurs, une bonne partie de la gauche n'y croit pas et se bat. Il sera d'abord condamné à perpétuité, puis acquitté, et libéré, au terme de procès qui ont passionné l'opinion publique. Mais sa liberté sera de courte durée. Le 19 décembre 1969, un braquage sanglant a lieu dans une pharmacie du boulevard Richard Lenoir, à Paris. Bilan : la pharmacienne et sa préparatrice sont tuées, un client est blessé, ainsi qu'un gardien de la paix. En avril 1970, Pierre Goldman est arrêté et accusé du meurtre des deux pharmaciennes. Dans un entretien exclusif avec Christophe Hondelatte, Gérard Quinet, le gardien de la paix blessé par le malfaiteur, revient sur les circonstances du drame. Alain Krivine, camarade de Goldman à la fin des années 60 au sein de l'Union des Etudiants Communistes, dépeint à Christophe Hondelatte le jeune homme tourmenté et attachant qu'était Pierre Goldman. Il se penche également sur la mobilisation importante autour du comité de soutien à Pierre Goldman. En 1974, Goldman échappe à la peine de mort, mais il est condamné à perpétuité, après un procès qui a cristallisé toutes les passions. Après cassation de ce jugement, un second procès s'ouvre en 1976 avec, cette fois-ci, Georges Kiejman pour défendre Pierre Goldman. Georges Kiejman raconte, pour Faites entrer l’accusé, comment il s’est retrouvé à la tête de la défense de Goldman, et son approche du dossier. Au terme d'une plaidoirie saluée par tous, Me Kiejman a démontré la fragilité des témoignages accablant Pierre Goldman, et obtenu son acquittement pour les meurtres des pharmaciennes. Deux ans et demi après sa sortie de prison, Pierre Goldman est assassiné, dans son quartier, par trois inconnus… qui ne seront jamais arrêtés ! Le voile ne sera jamais levé sur la mort de Goldman. | |
| Épisode 54 | Les Frères Jourdain - Meurtre au Carnaval (02 Avril 2006) |
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Le 11 février 1997 dans le Pas-de-Calais, Peggy, Amélie, Isabelle et Audrey, partaient, insouciantes et heureuses, pour une nuit de Carnaval. Elles avaient entre 17 et 20 ans… Il y avait une Indienne, un mousquetaire, une marquise et un Pierrot. On ne les a jamais revues vivantes. Les coupables : Jean-Michel et Jean-Louis Jourdain ; on les a appelés «les frères siamois de l’horreur». Deux hommes à la limite de l’humanité, déjà condamnés, l’un pour viol, l’autre pour meurtre… Depuis longtemps, dans leur village, on les savait capables du pire ! Christophe Hondelatte revient sur les premiers jours des recherches avec Gérald Lesigne, procureur de la République de Boulogne-sur-Mer. A ce moment-là, pour la police, c’est une fugue... Thèse renforcée par le caractère exceptionnel de la disparition : on n’a jamais vu, en Europe, quatre filles de cet âge enlevées en même temps ! Alors, leurs proches organisent eux-mêmes les recherches ! Ils fouillent toute la région, placardent des affiches. Et les témoignages arrivent. Ils parlent d’une camionnette faisant d’étranges allées et venues le soir du carnaval. Une piste qui les mène directement aux frères Jourdain… La police persiste : c’est une fugue ! Dix jours après la disparition des jeunes filles, les frères Jourdain sont finalement arrêtés. Jean-Louis craque lors de sa garde-à-vue, et conduit les policiers aux corps de Peggy, Amélie, Isabelle et Audrey. Après les avoir violées, martyrisées, les Jourdain les ont enterrées sur la plage de Sainte Cécile, près du Touquet. Dans la région, la colère gronde. On sait que les Jourdain sont récidivistes. Les manifestations se succèdent. On met en cause la justice. On met le feu à leur maison. Christophe Kapella, avocat général lors de leur premier procès, revient sur la personnalité des coupables et sur la difficulté à prévoir la récidive. Pour Faites entrer l’accusé, Marie-Josée Merlin et Laure Lamotte, les mamans des quatre filles, font pour la première fois le récit de leur douleur et racontent leur espoir, déçu, de voir les frères Jourdain s’expliquer sur le calvaire subi par Peggy, Amélie, Isabelle et Audrey. A l’issue de leur procès en appel les frères Jourdain ont été condamné à la prison à perpétuité. | |
| Épisode 55 | La French Connection (09 Avril 2006) |
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Pour tout le monde, la "French Connection" c'est le titre d'un film policier américain. Chaque jour, des dizaines d'américains meurent d'overdose, à cause d'une héroïne très pure, "made in France", venue tout droit de Marseille. Pour la pègre marseillaise, c'est un trafic lucratif et pratiquement impuni. Cela fait des années que les policiers américains ont le trafic entre la France et New York dans leur ligne de mire quand, en 1962, un animateur de la télévision française est arrêté à New York. Jacques Angelvin a fait débarquer plus de 50 kg d'héroïne cachés dans sa voiture. C'est cette histoire qui inspire le film "French Connection" à William Friedkin. Pour Faites entrer l'accusé, Sonny Grosso, le policier qui a arrêté Angelvin et que l'un des héros du film incarne, fait le récit des longues planques et des filatures, pour mettre à jour les liens entre trafiquants français et revendeurs américains. Lucien Aimé-Blanc, ancien grand flic de Marseille, revient avec Christophe Hondelatte sur les circonstances qui font de Marseille la plaque tournante des stupéfiants, à l'époque. En 1971, le Président Nixon somme les autorités françaises de réagir devant l'explosion du trafic de drogue provenant de France. Le ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin, place François Le Mouel à la tête des stups, et dote ce service de moyens plus importants. François Le Mouel raconte à Christophe Hondelatte cette période de transition, où lui et ses hommes venus de l'antigang vont appliquer leurs méthodes aux trafiquants marseillais. Peu de temps après, en février 1972, l'affaire dite du "Caprice des Temps" vient couronner de succès la coopération franco-américaine. Après de longs mois de surveillance, ce bateau est arraisonné au large de Marseille alors qu'il se dirige outre-Atlantique. A son bord, 425 kg d'héroïne… Cela reste aujourd'hui la plus grosse quantité d'héroïne saisie en France. Jean Carré, ancien directeur-adjoint des douanes de Marseille, revient sur ce grand succès de la lutte contre les trafiquants. Au fil du temps, le déclin de la "French Connection" se précise. Jo Césari, le plus grand chimiste du Milieu tombe une fois pour toutes, le témoignage de repentis devient l'arme de prédilection des services de police et, bientôt, ce sont les parrains marseillais qui tombent, comme Jean-Baptiste Croce en 1973. Il reste de ce pan de l'histoire du banditisme hexagonal une législation renforcée sur les stupéfiants. Depuis janvier 1971, les peines infligées aux trafiquants peuvent atteindre 20 ans d'emprisonnement, contre un maximum de cinq ans auparavant. | |
| Épisode 56 | Les Amants Maudits (16 Avril 2006) |
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En février 98, le major de l'armée de l'air Jean-Paul Zawadzki, rentre d'une mission en Afrique et tombe malade. Sa femme Nicole et son médecin de famille, Michel Trouillard-Perrot, se relaient à son chevet mais, le 11 mars, il meurt, chez lui, seul. On ne le sait pas encore, mais le major a été victime d'un complot diabolique dont les auteurs sont sa propre femme et son médecin. Le général Pons, qui commandait la base aérienne de Bricy, revient avec Christophe Hondelatte sur les doutes qui l'assaillent dès la mort de Jean-Paul. En effet, des rumeurs courent sur la base aérienne : Nicole et le docteur Trouillard-Perrot seraient amants depuis longtemps. De plus, Nicole devient une veuve très dépensière lorsqu'elle touche les assurances vie de son mari. Le général demande aux gendarmes d'enquêter. Olivier Joulin, juge d'instruction, décide l'exhumation du corps de Jean-Paul pour l'autopsier et fait placer Nicole et Michel en garde à vue. Face à Christophe Hondelatte, le juge commente les résultats de l'autopsie et des auditions. Finalement, Michel passe aux aveux et fait le récit de son histoire avec Nicole. Depuis 7 ans, Nicole et lui sont amants. De médecin, Michel est devenu le confident des nombreux malheurs de Nicole : les décès de ses parents, la violence de Jean-Paul, les viols. Bref, l'amante du médecin et sa petite fille vivent un calvaire. Les lettres et les dessins que la fillette adresse à Michel pour appeler à l'aide en attestent. Voilà pourquoi les amants décident d'éliminer Jean-Paul. Michel va l'empoisonner, à petit feu, pendant un mois, en lui administrant des médicaments qu'il a lui-même mélangés avec du poison. Selon Nicole, Michel ne l'a mise au courant de l'empoisonnement que le jour même de la mort de Jean-Paul. Elle n'a rien à voir dans cette histoire. Mais une expertise graphologique va démontrer son machiavélisme : Nicole est l'auteur des lettres et des dessins adressés à Michel. Puis, un à un, tous les mensonges de Nicole sont démasqués. Jean-Paul ne s'est jamais montré violent, ses parents ne sont pas morts, etc. Le docteur Jean-Michel Masson, expert psychiatre, explique à Christophe Hondelatte comment le docteur Trouillard-Perrot, médecin de campagne respecté et apprécié de tous, a pu se faire manipuler au point de commettre un assassinat, au point d'empoisonner son propre patient. L'expert dresse le profil de Nicole : une personnalité hystérique-perverse. C'est sans doute cet élément qui a valu une condamnation plus lourde à Nicole qu'à Michel : 28 ans pour elle, 20 ans pour Michel. | |
| Épisode 57 | L'Assassinat du « Sheriff » (30 Avril 2006) |
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François Renaud, premier juge d'instruction de Lyon, a été exécuté, un soir de juillet 1975, par des tueurs qui l'attendaient près de chez lui. Un juge d'instruction assassiné, en France, c'est la première fois. Et pas n'importe quel juge : “le sherif”, un juge flamboyant qui s'était mis à dos la pègre lyonnaise. Le “milieu” le détestait : au point de le tuer ? Peut-être… A moins que le juge, dans ses 1500 dossiers, ait découvert un secret d'Etat... | |
| Épisode 58 | Yann Piat - Une Femme à Abattre (21 Mai 2006) |
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Elle avait 44 ans. Elle était députée du Var, et elle a été assassinée le 25 février 1994, à Hyères. Elle est tombée dans un piège, à quelques pas de sa maison. Et tout de suite, évidemment, l’affaire a pris une ampleur nationale. Une députée assassinée, c’est forcément une affaire politique. On ira même jusqu’à impliquer deux anciens ministres. Mais la vérité judiciaire ne sera pas celle que tout le monde attendait… et que certains espéraient. Pour Faites entrer l’accusé, Georges Arnaud, le chauffeur de Yann Piat, raconte à Christophe Hondelatte les circonstances de l’assassinat, les coups de feu, les derniers instants de la députée, qui meurt sous ses yeux dans les bras des pompiers. Chacun pense à un meurtre politique… Il faut dire que l’année électorale précédant l’assassinat a été des plus agitée : des menaces et des intimidations qui viennent de son propre camp. Pour mieux comprendre l’hostilité envers Yann Piat, Jean-Pierre Bonicco, journaliste à Var Matin, dresse avec Christophe Hondelatte la cartographie de la classe politique varoise. Mais cette piste est rapidement écartée. Les policiers de la PJ de Marseille reçoivent un tuyau de leurs collègues d’Hyères. Les noms de ceux qui ont volé la moto utilisée par les tueurs : Marco Di Caro et Olivier Tomassone, 20 ans. Avec leurs amis Lucien Ferri et Romain Gressler, ils passent leur temps dans un bar du port d’Hyères, le Macama. Là, ils jouent les videurs dévoués au patron du bar, Gérard Finale, 45 ans. La bande est placée en garde-à-vue, et ses membres avouent : Gressler et Tomassone ont fait les guets, Di Caro pilotait la moto et Lucien Ferri a tiré. Mais quel intérêt avaient ces petits malfrats à tuer Yann Piat ? Il semble que Gérard Finale rêvait de devenir le nouveau parrain du Var, avec sa bande de jeunes caïds. Or, Yann Piat dénonçait les collusions politico-mafieuses. On attend plus que le procès quand la piste politique resurgit. Octobre 1997, un livre désigne, sous couvert de pseudonymes, François Léotard et Jean-Claude Gaudin comme étant les commanditaires du meurtre de Yann Piat. C’est une "bombe" médiatique destinée à ébranler le pouvoir. Jean-Michel Verne, l’un des deux auteurs, revient sur le scandale provoqué par ce livre. Au procès de la bande du Macama les jurés rendent leur verdict : Gérard Finale est jugé coupable d’avoir commandité le meurtre de Yann Piat, Lucien Ferri, coupable de l’avoir exécuté. Tous les deux sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Les autres prennent de 6 à 20 ans. L’affaire Yann Piat n’est qu’un meurtre crapuleux, mais pour certains c’est une vérité judiciaire difficile à admettre … | |
